il y aurait une matière

 

 

offrir à l'oeil la chance de voir ce qu'il a oublié, que le dessin n'est pas affaire de point A à l’autre B que la surface qui permet de garder la trace n'est pas obligatoirement un papier que le volume, la densité, sont exactement ce qui cruel et manque

 

vent

 

le souffle tait, un souffle à peine je me tais

je

n'existe plus dans

le geste a fait, il a cherché à faire,

cela s'est fait

 

rythme délicat, puissant, de la vie

 

sentir dans la main la paradoxale légèreté de l’inscription

rappeler à tout que le regard est chemin d’être

que le terme de réception est un leurre

 

il y avait donc Vincent Dulom dans l’atelier de Vavin

c’est un homme il épuise

 

imaginez un homme qui prend une feuille et cherche l’ombre

la couleur l’ombre

le vertige

 

 

 

nous revenons, lui qui fait, nous qui sommes invités à voir, à la sensation

son orée

il n’y a rien à penser

ce sont les mêmes larmes, tout à fait mêmes, qui montent mécaniquement

que celles en gorges face à la paroi autrefois gravée ou peinte

ces larmes de savoir que geste d’homme

qu’il y a

 

nous pensons il y aurait d’un côté l’archéologue qui retire et cherche, adepte du retour, à l’origine, la trace du geste

et de l’autre, évidemment, celui qui fait

cela est faux

confrontés au travail de Dulom nous dissolvons les certitudes

puisque toute la pratique consiste

à seulement faire, chargé et malgré,

à souvenir

à tenir le fil qui nous relie

qui n’est pas sens, qui ne raconte pas d’histoires, qui ne fait pas prouesse

mais simplement offert

trouvaille partagée

qu’on se rappelle ensemble

l’inespéré du jeu

son absolu sérieux

je.nous.il.on.vous

fondus

mêlés

presque tout à fait mêmes

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

il faudrait déplier l’espace, chacun d’espace, pas décoder mais

comprendre : il suffirait de laisser tomber

à tout moment

peut tomber

précaire trouée

je me souviens l’horizon

mais chemin faisant

quand tout s’arrête

quand surgit le cinéma en moi

celui qui rappelle, m’arrachant

quel présent

abolissant quand

 

 

 

touche, à peine je

fleure

et la force tient

la station

cela est, habite

debout

cela compose

même miracle que lorsque je

ils disent des fils de fer

pourrait presque rien faire, une pince

un coup de main

la mesure très exacte du coin

du point de                   contact

reste un espace là aussi entre

dire touche

cela coupe l’œil

coupe pour moi l’œil

la profondeur de l’œil, son champ

là où se plonge l’œil

qui se répand qui occupe absolument tout l’espace qu’on lui donne qui prend l’horizon pour un donné le prend vraiment l’absorbe n’entend que lui

 

il aura suffi d’un fil

de faire ligne

d’un hors champ